Réserve héréditaire et quotité disponible
Un testament ne peut pas tout redistribuer. Indiquez la composition de la famille et la valeur de la succession pour connaître la part réservée aux héritiers et celle dont le défunt pouvait disposer librement.
Estimation à titre d’informationen savoir plus
Ce site fournit une estimation automatisée, à titre d’information. Elle ne constitue pas un conseil juridique ou fiscal et ne remplace pas l’avis d’un notaire, qui seul peut tenir compte de l’ensemble de votre situation.
Indiquez la date du décès, la valeur de la succession et le nombre d’enfants.
Exemple
Une succession de 600 000 € et deux enfants.
200 000 € disponibles, 400 000 € réservés
Ce que la loi réserve, et ce qu’elle laisse libre
Le droit français limite ce qu’une personne peut décider du sort de ses biens après sa mort. Une fraction de la succession revient de droit à certains héritiers, quels que soient les termes du testament.
Cette fraction s’appelle la réserve héréditaire. Le reste est la quotité disponible : la part dont le défunt pouvait disposer librement, par testament ou par donation.
Les fractions dépendent du nombre d’enfants
La réserve est de la moitié avec un enfant, des deux tiers avec deux, des trois quarts avec trois ou davantage. Ces fractions ne dépendent ni de la valeur de la succession, ni de la situation de chacun.
Un point est souvent mal compris : au-delà de trois enfants, la quotité disponible cesse de diminuer. Elle reste au quart, que le défunt ait trois ou huit enfants. Ce qui continue de baisser, c’est la part réservée à chaque enfant, puisque la même réserve se partage entre davantage de personnes.
Le conjoint n’est réservataire qu’à défaut d’enfant
En présence de descendants, l’époux survivant n’est pas héritier réservataire. Il n’est pas pour autant écarté : il conserve les droits que la loi lui reconnaît dans la dévolution, qui relèvent d’un autre calcul.
En l’absence de descendant, il devient réservataire pour un quart de la succession, et le testament ne peut porter que sur les trois quarts restants.
Les frères et sœurs, eux, ne sont jamais réservataires. Un testament peut les écarter entièrement.
Ce que ce calcul ne fait pas
Il détermine des fractions. Il ne procède ni à la réduction des libéralités qui dépasseraient la quotité disponible, ni à l’imputation des donations consenties du vivant du défunt, lesquelles s’imputent selon des règles propres.
Ces opérations décident de qui doit restituer quoi, et à qui. Elles se règlent avec le notaire.
Questions fréquentes
- Qu’est-ce que la réserve héréditaire ?
C’est la part de la succession que la loi réserve à certains héritiers, appelés réservataires, et dont le défunt ne pouvait pas les priver par testament. Le reste s’appelle la quotité disponible : c’est la seule part dont il pouvait disposer librement.
- Quelle est la part réservée aux enfants ?
Elle dépend de leur nombre. Avec un enfant, la réserve est de la moitié de la succession. Avec deux enfants, des deux tiers. Avec trois enfants ou plus, des trois quarts. La quotité disponible est donc respectivement la moitié, un tiers et un quart. Au-delà de trois enfants, la quotité disponible ne diminue plus, mais la part réservée à chaque enfant, elle, continue de baisser.
- Le conjoint survivant est-il héritier réservataire ?
Seulement en l’absence de descendant. Dans ce cas il est réservataire pour un quart de la succession. Dès qu’il y a un enfant, le conjoint n’est plus réservataire — ce qui ne le prive pas de ses droits légaux dans la succession, qui sont une autre question.
- Et si le défunt n’avait ni enfant ni conjoint ?
Il n’y a alors aucun héritier réservataire, et le testament peut disposer de la totalité des biens. Les frères et sœurs, en particulier, ne sont pas réservataires : ils peuvent être entièrement écartés par testament.
- Les petits-enfants comptent-ils comme des enfants ?
Ils comptent pour l’enfant dont ils prennent la place, et non pour eux-mêmes. Trois petits-enfants venant en représentation de leur parent décédé comptent donc pour un seul enfant dans le calcul de la réserve, et se partagent sa part.
- Que se passe-t-il si le testament dépasse la quotité disponible ?
Les libéralités excessives sont réductibles : les héritiers réservataires peuvent demander que ce qui excède la quotité disponible leur soit restitué. Cette opération, dite action en réduction, se règle avec le notaire et ne se réduit pas à un calcul de fractions.
- Et s’il n’y a pas de testament ?
La question de la réserve ne se pose pas : la succession se partage selon les règles légales. Le calculateur de partage détermine alors la part de chaque héritier et les droits dus par chacun.
- Une donation faite du vivant s’impute-t-elle sur la quotité disponible ?
Oui. Les donations consenties du vivant du défunt s’imputent selon des règles propres et ne peuvent pas entamer la réserve des héritiers réservataires. Le calculateur des droits de donation chiffre l’impôt dû sur une donation ; l’imputation elle-même relève du notaire.
- Ce calcul donne-t-il l’impôt à payer ?
Non, il porte sur des fractions civiles, pas sur la fiscalité. Une fois la part de chacun connue, le calculateur des droits de succession donne le montant dû.
Sources
Chaque montant et chaque taux utilisés par ce calculateur proviennent d’une source officielle. La date indiquée est celle de notre dernière vérification.
- Code civil, art. 912Légifrance — vérifié le 1 août 2026
- Code civil, art. 913Légifrance — vérifié le 1 août 2026
- Code civil, art. 913-1Légifrance — vérifié le 1 août 2026
- Code civil, art. 914-1Légifrance — vérifié le 1 août 2026
- Code civil, art. 916Légifrance — vérifié le 1 août 2026